Hôtellerie française : les enseignements de l’étude RYDGE 2026
Par Brice Bousta, cofondateur de Mon Assistant RHmis à jour le
L’étude annuelle de RYDGE Conseil éclaire les transformations de l’hôtellerie française : les investissements, les performances des établissements et l’évolution des modèles. Sa lecture aide à comprendre comment l’attractivité du secteur se traduit, à l’échelle de chaque hôtel, en choix de positionnement et d’exploitation.
Un marché hôtelier qui attire les investisseurs
Dans sa 49ᵉ édition, RYDGE Conseil évalue à 3 milliards d’euros les transactions hôtelières réalisées en France en 2025. Le premier semestre 2026 atteint près de 1,3 milliard d’euros, en progression d’environ 40 % sur un an. Ces montants témoignent de l’intérêt pour les actifs hôteliers.[1]
Pour lire ces chiffres, il faut distinguer le marché des transactions et l’activité des établissements. Le prix payé pour acquérir un hôtel ne mesure ni son chiffre d’affaires annuel ni sa rentabilité. Il intègre également une localisation, un état immobilier, un potentiel et les perspectives de l’acquéreur.
Un propriétaire peut donc retenir de ces volumes un signal d’attractivité du secteur. Pour apprécier la situation de son établissement, il devra ensuite revenir à son marché local, à sa clientèle et à ses résultats.
Des prix moyens qui évoluent différemment selon les catégories
En 2025, les prix moyens progressent dans les deux catégories cinq étoiles distinguées par RYDGE. Les autres catégories enregistrent un recul à l’échelle nationale. Le tableau permet de situer ces écarts.[2]
| Catégorie du panel RYDGE | Évolution du prix moyen en 2025 par rapport à 2024 |
|---|---|
| 5 étoiles supérieur | +13,7 % |
| 5 étoiles standard | +3,0 % |
| 4 étoiles | −1,1 % |
| 3 étoiles | −1,8 % |
| 1 et 2 étoiles | −0,5 % |
Ces résultats décrivent les moyennes publiées. Ils ne signifient pas que chaque hôtel a augmenté ou diminué ses tarifs dans les mêmes proportions. Pour apprécier sa propre trajectoire, un établissement doit aussi tenir compte de sa destination, de sa clientèle et de son taux d’occupation.
Le prix moyen renseigne sur les chambres vendues. Le RevPAR, ou revenu d’hébergement par chambre disponible, intègre également l’occupation. La rentabilité dépend ensuite des charges engagées pour réaliser ces revenus.
Comment une marque peut créer de la valeur
RYDGE décrit plusieurs mécanismes par lesquels la marque peut soutenir la valeur : notoriété, distribution, fidélisation et diffusion d’un savoir-faire. Lorsqu’un modèle se développe en gestion ou en franchise, il peut aussi générer des revenus récurrents de prestations ou de redevances.[1]
À l’échelle d’un hôtel indépendant, cette lecture invite à préciser ce qui donne aux clients une raison de choisir l’établissement et de revenir. La décoration, les services, la commercialisation et l’accueil doivent rendre cette identité perceptible.
La question opérationnelle devient alors : quelles pratiques faut-il rendre suffisamment régulières pour que l’expérience promise soit tenue, quel que soit le collaborateur présent ?
La restauration pèse dans le modèle économique de l’hôtel
Les repères présentés par RYDGE montrent la place de la restauration et des boissons dans le chiffre d’affaires des hôtels quatre et cinq étoiles. Le petit-déjeuner est inclus dans ces proportions.[3]
| Type d’établissement | Part de la restauration et des boissons dans le chiffre d’affaires total |
|---|---|
| Hôtel urbain, 4 ou 5 étoiles | 25 à 30 % |
| Hôtel de destination, 4 ou 5 étoiles | 35 à 40 % |
La restauration peut répondre aux besoins des résidents, attirer une clientèle extérieure ou renforcer l’intérêt du séjour. Le rôle choisi influence la carte, les horaires, les effectifs et les compétences nécessaires.
L’étude associe cette contribution à une exploitation maîtrisée, attentive aux coûts et à la stabilité des équipes. Pour le dirigeant, l’enjeu est donc de préciser ce que le restaurant doit apporter à l’ensemble de l’hôtel, puis d’en suivre les résultats avec les moyens engagés.
Des projets qui montrent la transformation de l’offre
RYDGE recense plus de 14 500 chambres en projet à l’horizon 2030. Il s’agit d’un ensemble de projets identifiés, dont la réalisation et le calendrier restent à suivre.[1]
Pour un hôtel existant, l’utilité de cette information est surtout locale. L’arrivée d’un établissement comparable peut modifier l’environnement concurrentiel. Un concept différent peut, au contraire, révéler des usages ou des clientèles encore peu adressés.
Observer les projets voisins permet de préciser ses propres choix : les services à développer, les attentes auxquelles mieux répondre et les caractéristiques de l’établissement à rendre plus lisibles.
Ce que cette lecture apporte au dirigeant
L’étude offre des repères pour relier les évolutions du marché aux décisions de l’établissement. Trois questions permettent de prolonger sa lecture : quelle clientèle souhaitons-nous servir, quelle expérience voulons-nous lui proposer et quelle organisation permet de la délivrer durablement ?
Chez Mon Assistant RH, cette réflexion éclaire le recrutement. Un même intitulé peut recouvrir des besoins différents selon le projet de l’hôtel. Comprendre ce que le prochain collaborateur devra apporter permet de préciser les compétences recherchées et les situations à explorer en entretien.
Pour approfondir cette articulation, lire De l’investissement à l’exploitation : comment se construit la valeur d’un hôtel.
Préciser le rôle de votre prochain recrutement
Vous préparez une ouverture, une évolution de votre offre ou un remplacement ? Échangeons sur les résultats attendus et les compétences à rechercher.
Échanger sur mon projet de recrutementSources
- [1] RYDGE Conseil, L’Industrie Hôtelière Française en 2026, 49ᵉ édition, publiée le 29 septembre 2026. Les données citées portent sur les périodes indiquées dans le texte. Cette synthèse propose une lecture de Mon Assistant RH, indépendante de RYDGE Conseil.
- [2] RYDGE Conseil, L’Industrie Hôtelière Française en 2026, 49ᵉ édition, page imprimée 92 : prix moyen par chambre louée, moyennes France et variations 2025/2024. La source signale l’effet possible des changements de panel.
- [3] Même étude, page imprimée 41 : poids de la restauration et des boissons dans le chiffre d’affaires, petit-déjeuner inclus.